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Le chêne de Flagey : Une oeuvre exceptionnelle et unique
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Gustave Courbet a peint « Le chêne de Flagey » en 1864.

Ce tableau, appelé aussi « Le Chêne de Vercingétorix » n’a pas d’équivalent dans l’œuvre du peintre, ce qui renforce son caractère exemplaire et unique. L’originalité de l’œuvre tient en partie de sa composition : le chêne remplit la totalité de l’espace de la toile, jusqu’à donner l’impression qu’il en repousse les bords. On peut déceler dans ce cadrage serré l’influence de la photographie sur le travail du peintre.


Cet arbre est issu de l’observation du réel : il s’agit non pas d’un chêne quelconque mais du chêne de Flagey. On retrouve donc le lien étroit tissé par Courbet entre sa peinture et sa région natale qu’il aimait tant. Et pourtant, le peintre propose ici une traduction subjective du chêne passée au crible de son regard. Si l’on compare la peinture avec la photographie du chêne de Flagey en 1905, on s’aperçoit que Courbet a réinterprété la réalité pour donner à l’arbre encore plus de majesté et de puissance.
Cette œuvre possède une symbolique forte. Lors de son exposition personnelle de 1867, Courbet avait ajouté un sous-titre à cette toile : « appelé Chêne de Vercingétorix, camp de César près d’Alésia, Franche-Comté », conférant de la sorte une dimension politique à sa peinture. Cette nouvelle formulation est à replacer dans le contexte de l’époque. En effet, au milieu du XIXème siècle, une querelle virulente divisait l’opinion publique sur l’emplacement du site de la bataille historique d’Alésia. Deux camps, formés d’érudits et d’archéologues se disputaient entre Alaise, dans le Doubs et Alise-Sainte-Reine, en Côte d’Or (Bourgogne). Napoléon III avait participé au débat en soutenant officiellement la position bourguignonne dans son Histoire de Jules César (1866). À cette époque, Vercingétorix personnifiait les origines de la démocratie française. De cette manière, le duel Alaise / Alise-Sainte-Reine se répercutait en autant de confrontations idéologiques : Vercingétorix contre Jules César, démocratie contre impérialisme, indépendance régionale contre pouvoir centralisateur, Courbet contre Napoléon III.


La vie du tableau

Le tableau, issu de la collection de Juliette Courbet, est acheté par le collectionneur américain Henry C. Gibson (1830-1891), banquier, homme d’affaires et bienfaiteur. Après sa mort, il est donné en 1896 à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie.
En 1987, l’académie des beaux-arts de Pennsylvanie met le tableau en vente chez Sotheby’s NewYork. La France ne se portant pas acquéreur, un collectionneur japonais du nom de Michimasa Murauchi l’achète. Homme d’affaires, Monsieur Murauchi, est le président de la Furniture Acess Company et a fondé en novembre 1982 le Murauchi Art Museum à Hachioji, à l’ouest de Tokyo. Son musée comporte un bel ensemble d’œuvres de Gustave Courbet (il en aurait une « petite » dizaine), dont une œuvre moins connue, mais très prisée des spécialistes de l’artiste, l’intrigante Femme au podoscaphe (1865), le podoscaphe étant une petite embarcation mue par les pieds de son passager (passagère en l’occurrence, sur la mer). Depuis son acquisition en 1987, Michimasa  Murauchi a fait du Chêne de Flagey l’une des pièces maîtresses de son musée privé.

Ses expositions

Le tableau (H 90cm x L 110 cm) avait été prêté au musée des Beaux-Arts de Besançon en 2000 dans le cadre de l’exposition « Courbet et la Franche-Comté ». Il illustrait l’affiche de l’exposition. Michimasa Murauchi avait eu le plaisir et l’élégance de se rendre à Flagey lors de l’exposition  bisontine. « Il voulait voir l’emplacement du chêne », se souvient Pierre Maire, maire de Flagey. « L’arbre n’existe plus, victime de la foudre il y a, on ne sait plus, peut-être un siècle. Il se trouvait à un kilomètre environ de notre village, près de la route qui rejoint Ornans en passant par Chassagne-Saint-Denis. »
L’œuvre a également été présentée lors de la grande rétrospective Courbet du Grand Palais (octobre 2007 - janvier 2008).


 
ADM